Les carrières antiques de marbre de Marathi étaient le premier point à l’ordre du jour de la rencontre entre le maire de Paros, Kostas Bizas, et la ministre de la Culture, Lina Mendoni, à Athènes, le mercredi 30 septembre 2026.
Ont participé à cette réunion de travail le député des Cyclades Filippos Fortomas, la secrétaire générale du ministère Olympia Vikatou, le directeur de l’Éphorie des antiquités des Cyclades Dimitris Athanasoulis, l’adjointe au maire chargée de la culture Anna Kagani et Nikos Malatestas, directeur général de l’association à but non lucratif « Parc des anciennes carrières de marbre de Paros » (AMKE), ainsi que des fonctionnaires du ministère.
Une demande formulée en juillet
La rencontre fait suite à un mémorandum adressé par le maire à la ministre le 24 juillet 2026 (réf. 14904), sollicitant un entretien en personne. Il y qualifie la protection et la mise en valeur des carrières de première priorité de la municipalité, et de pilier d’un modèle de développement plus diversifié et durable pour l’île.
Le mémorandum rappelle une proposition antérieure de l’ancien secrétaire général, G. Didaskalou : un Master Plan (plan directeur) pour le site, à élaborer dans le cadre d’une convention-programme entre le ministère et la municipalité, celle-ci finançant l’étude. Elle n’a pas eu de suite.
Il salue aussi le travail accompli avec des moyens limités par l’AMKE, fondée en 2022 par des représentants d’organismes locaux : panneaux d’information sur le site, financement d’études, contribution à l’achat de terrains. L’AMKE a signé un protocole de coopération avec l’Éphorie et travaille avec le Service des monuments modernes. Le mémorandum note que, malgré une mise en valeur minimale, le site reçoit des dizaines de visiteurs par jour.
Cinq priorités
Le mémorandum définit cinq axes :
- Stabiliser la carrière des Nymphes. Une étude existante portant sur le front de taille et la première partie de la galerie sud pourrait être adaptée et appliquée, au moins pour restaurer l’entrée sud antique et son relief des Nymphes. Un système de surveillance instrumentale de la galerie souterraine sud est en cours d’installation avec l’Éphorie, financé par AIGEAS (Fondation A. & M. Martinos). Une approche globale de la stabilité géotechnique de la carrière reste nécessaire.
- Ouvrir aux visiteurs la première section de la carrière de Pan. L’AMKE a préparé une proposition avec l’Université technique nationale d’Athènes et des architectes et ingénieurs spécialisés. Un financement est recherché.
- Sauver les bâtiments industriels du XIXe siècle. Le plus important, l’atelier de sciage du marbre appelé Kopterio, pourrait devenir le centre d’accueil des visiteurs, mais son statut foncier complexe doit d’abord être réglé. Des travaux d’urgence sur les bâtiments des treuils, aux entrées de la carrière des Nymphes, sont à l’étude, à l’initiative de l’AMKE et avec le Service des monuments modernes.
- Améliorer les conditions de visite. Des architectes travaillant avec l’AMKE ont élaboré des avant-projets d’interventions légères et réversibles. Une approche d’ensemble reste nécessaire.
- Un parc environnemental et culturel. Au-delà de son importance archéologique, le site possède une réelle valeur environnementale et un potentiel pour des activités culturelles, autour de la sculpture surtout, mais aussi de la musique, comme l’ont montré les événements de ces deux derniers étés. L’AMKE a obtenu la possession et l’usage du terrain de 45 stremmes (4,5 ha) qui entoure les entrées de la carrière des Nymphes. La municipalité a inscrit à son budget l’acquisition de sa pleine propriété et pourra acheter progressivement d’autres parcelles.
Pour relier l’ensemble, le maire a demandé un Master Plan ; à défaut, une révision et une extension spatiale de l’étude antérieure de D. Schilardi et Chr. Takos ; ou au minimum un accord détaillé entre ministère et municipalité sur les orientations stratégiques. Un tel cadre couvrirait la programmation des études, des travaux et des autorisations, les budgets et financements, ainsi que l’organisme chargé de gérer le site. Sa demande concrète : une convention-programme entre le ministère et la municipalité pour élaborer le Master Plan.
Ce qui est sorti de la rencontre
Selon le communiqué de presse de la municipalité du 1er octobre, la ministre a écouté attentivement les questions soulevées et a exprimé l’intérêt du ministère pour faire avancer les interventions. Les possibilités de financement des études et des travaux ont également été examinées. L’objectif affiché pour les carrières est de réaliser les études nécessaires et de planifier des interventions pour leur protection, leur mise en valeur et leur accessibilité aux visiteurs.
Le maire a également évoqué la restauration du Monastère franc (Frangomonastiro) pour y installer un musée byzantin, destiné aux trésors ecclésiastiques aujourd’hui conservés dans les cellules de la Panagia Ekatontapyliani. D’autres sites ont été abordés : le château byzantin de Parikia, l’extension du musée archéologique, l’acropole de Koukounaries, les châteaux de Naoussa et de Marpissa, le cimetière antique et les antiquités sous-marines du port de Parikia.
Le maire a qualifié la rencontre de substantielle et productive, et a remercié la ministre pour sa disposition à coordonner les services compétents. Le communiqué ne mentionne ni convention-programme, ni Master Plan, ni engagement financier précis.
Et maintenant ?
Réunir autour d’une même table la municipalité, la direction du ministère, l’Éphorie et l’AMKE est une bonne chose. Mais le résultat, tel qu’il a été annoncé, se limite à une marque d’intérêt. Le Master Plan avait d’abord été proposé par le ministère lui-même, puis laissé de côté. Trois mois après le mémorandum du maire, rien n’a été annoncé concernant une convention-programme, un calendrier ou un financement.
Entre-temps, le travail sur le terrain est porté par la société civile. Les panneaux, les études, la surveillance de la stabilité et le terrain désormais acquis sont venus de l’AMKE et de donateurs privés, et non de l’État, propriétaire des galeries souterraines. Une menace est par ailleurs absente du mémorandum comme du communiqué : les tirs de mines dans les carrières modernes voisines, qui, comme l’ont signalé les Amis de Paros, mettent en danger les galeries antiques. Tout plan de protection du site doit en tenir compte.
Le soutien local n’est pas l’obstacle. Le 17 juillet, le conseil municipal, toutes tendances confondues, a soutenu la proposition de l’AMKE pour un Parc des anciennes carrières en partenariat avec la municipalité. Ce qui manque, c’est une décision à Athènes. Les Amis suivront l’évolution du dossier et en rendront compte ici.

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