Depuis vingt-cinq ans, nous posons la question. Cet automne, pour la première fois, il existe un endroit officiel pour y répondre.
Lorsque onze personnes se sont réunies au monastère des Saints-Anargyres (Agii Anargyri) il y a vingt-cinq ans pour fonder cette association, elles posaient une question qui n’avait alors aucun lieu institutionnel : quelle île voulons-nous que Paros soit ? Nous l’avons posée formellement en 2012, avec notre propre enquête touristique et la publication de Paros 2020. Nous la reposons dans chaque Bulletin depuis.
Cet été, la question a cessé d’être théorique. Fin juillet, un incendie a traversé l’île d’Agairia vers Trypiti, touchant quelque dix mille strémmata (mille hectares) et contraignant des villages à l’évacuation. Notre centre de recyclage reste fermé, son contrat en suspens. Notre eau est dessalée et ne suffit toujours pas. Nous avons écrit alors que cette île a une limite, et nous avons aidé à lancer la pétition contre de nouveaux lits touristiques, car si nous ignorons quelle est notre capacité, nous n’avons aucune raison d’en ajouter un seul.
La Municipalité pose aujourd’hui une version de la même question. Elle mérite nos réponses.
Ce qu’est Re-Imagine Paros
Derrière la plateforme paros.tourism-live.com se trouve quelque chose de plus sérieux qu’un questionnaire. La Municipalité a commandé une feuille de route pour la création d’un organisme de gestion et de promotion de la destination : une structure permanente chargée de planifier et de gérer Paros en tant que destination, à la place de la promotion improvisée que nous connaissons aujourd’hui. Le travail se déroule en trois étapes : un diagnostic de la situation actuelle, une consultation publique, puis le plan lui-même, attendu pour la fin de l’année. Nous sommes à l’étape de la consultation. Aucune date de clôture n’a été annoncée, mais elle doit s’achever à temps pour que le plan soit rédigé, c’est-à-dire durant l’automne.
Soyons clairs sur ce qu’un tel organisme peut et ne peut pas faire. Il ne délivrera pas de permis de construire, n’imposera pas de limites de bruit, ne rendra pas une plage à son état naturel. Il ne décidera pas du Plan local d’urbanisme, qui relève d’une autre procédure, celle où se joue réellement la limite du nombre de lits. Quiconque vous dira que cette enquête règle ces questions exagère.
Ce qu’il décidera, c’est la manière dont Paros se présente, les visiteurs qu’elle cherche à attirer et, ce qui compte le plus, les chiffres par lesquels l’île se mesurera. Si la capacité de charge entre dès maintenant dans les indicateurs officiels, chacun de nos arguments aura désormais un chiffre derrière lui. Sinon, nous discuterons encore une décennie à coups d’impressions.
Du pilote automatique à la décision
Paros a déjà une stratégie touristique. Personne ne l’a choisie. Elle est la somme de milliers de décisions privées distinctes : chaque permis, chaque nouveau lit, chaque voiture de location supplémentaire. Et elle pointe dans une seule direction, parce que c’est la seule direction que prend un marché sans gestion. Un plan est l’alternative à ce pilote automatique. Non pas un plan pour davantage, ni pour moins, mais un plan que quelqu’un a réellement décidé.
Nous sommes devenus bons dans la protestation, et nous continuerons. Mais la protestation est une réaction : elle répond à ce qui est proposé, un projet à la fois, toujours après coup. Une stratégie fixe les termes avant que la proposition n’arrive. Il est temps de passer de la plainte à la solution.
Comment répondre, et où cela compte
L’enquête locale se trouve sur paros.tourism-live.com/topiki-erevna. Une inscription vous sera demandée, avec un nom et une adresse électronique. Nous savons que c’est un obstacle. Elle existe pour que les réponses puissent être distinguées par groupe (résidents, professionnels, institutions), ce qui empêche aussi que les résultats soient écartés comme un sondage non représentatif. Cela prend une minute. Résidents permanents et saisonniers peuvent y participer, et les visiteurs amis de l’île disposent de leur propre questionnaire.
L’ensemble tient en cinq courtes étapes. Trois points méritent d’être connus avant de commencer.
La quatrième étape vous demande de choisir une direction. Elle en propose quatre, formulées clairement, dont le maintien du nombre de visiteurs à son niveau actuel et sa réduction. C’est la question sur laquelle le plan se décide. Elle demande aussi quelle identité Paros devrait développer et quels visiteurs elle devrait attirer.
La cinquième étape contient la question la plus importante de l’enquête, et la plus facile à perdre. Six curseurs demandent dans quelle mesure l’eau et l’énergie, les infrastructures, la pression environnementale, la qualité de vie des habitants, l’identité de l’île et la construction limitent tout développement supplémentaire. Ils partent de zéro, et zéro signifie « ne constitue pas un facteur limitant ». Si vous sautez cette étape ou la parcourez trop vite, vous êtes enregistré comme affirmant que Paros ne connaît aucune limite. Ne laissez pas cela arriver par inadvertance.
La dernière question demande s’il existe aujourd’hui une gestion touristique coordonnée à Paros. Répondez honnêtement. C’est la façon la plus claire de dire que ce que nous avons ne suffit pas.
Certaines choses ne figurent pas dans l’enquête : le logement et les loyers, les locations de courte durée, l’espace public, les plages. Elles relèvent du canal de propositions, sur paros.tourism-live.com/oi-protaseis-sas, qui accueille des idées précises en parallèle du questionnaire.
Rien de tout cela ne remplace la pétition. Signez-la également. Mais une consultation à laquelle très peu de personnes répondent n’échoue pas discrètement : elle est consignée comme l’opinion de l’île, tirée de ceux qui ont pris la peine de répondre. Ce qui, si nous n’y prenons garde, désigne ceux qui ont la raison commerciale la plus directe de le faire.
Depuis vingt-cinq ans, nous demandons quelle Paros nous voulons. Il existe enfin un formulaire où la réponse est comptée. Veillons à ce qu’il ne soit pas rempli seulement par ceux qui gagnent à ce que la réponse soit « davantage ».
Les visiteurs de Paros sont invités à participer à l’Enquête de Satisfaction des Visiteurs.

Leave a Reply