Récemment, le feu s’est abattu sur cette île. Certains d’entre vous ont perdu des terres. Certains ont perdu des ruches, des arbres, des années de travail. La biodiversité a perdu bien plus encore. Nous sommes ici aujourd’hui à cause de ce feu, et nous sommes ici, avant tout, pour celles et ceux qu’il a touchés.
Mais soyons honnêtes les uns envers les autres. Cet incendie n’est pas tombé du ciel par hasard. C’est ce qui arrive à une île à qui l’on demande de porter toujours plus, année après année, sans que personne ne se demande jamais si elle le pouvait.
Nous l’avons vu cet été, quand notre propre centre de recyclage a dû fermer, pendant que contrats et appels d’offres allaient et venaient sans solution. Et maintenant, nous l’avons vu dans les flammes. Des symptômes différents. La même maladie : une île poussée au-delà de ce qu’elle peut supporter.
Chaque année, plus de construction. Chaque année, plus de lits touristiques. Chaque année, plus de pression sur la même eau, les mêmes routes, les mêmes forêts, les mêmes pompiers. Personne ne s’est assis pour décider combien Paros pouvait porter. C’est arrivé comme ça, un permis à la fois, pendant qu’on certains disaient d’être reconnaissants envers les touristes. Demandez-vous : combien d’étés comme celui-ci encore, avant d’admettre que cette île a une limite ?
Alors voici ce que nous demandons. Pas pour toujours. Pas une guerre contre le tourisme. Nous demandons aux autorités, aujourd’hui, un STOP ; une vraie pause sur les nouveaux permis pour l’hébergement touristique, jusqu’à ce que quelqu’un nous dise, honnêtement, combien cette île peut réellement supporter. Si nous ne connaissons pas la réponse, nous n’avons aucune raison d’ajouter un seul lit de plus.
Cela ne peut pas être une colère d’un jour qui s’éteint avec la fumée dès demain soir. Si vous pensez que Paros a besoin d’une limite, rejoignez-nous. Signez la pétition, venez à la prochaine réunion, continuez à poser la question après le départ des caméras et des micros, parce qu’elles partiront, et les lits continueront à se construire si nous ne restons pas ici, à continuer de pousser.
Paros ne se vend pas au mètre carré. C’est notre maison, et elle a des limites. Aujourd’hui, nous demandons, simplement : STOP ; et cherchons ensemble où sont ces limites avant d’y perdre davantage.
Ce STOP a désormais un nom : la pétition « Pas un lit touristique de plus à Paros ». Signez-la, partagez-la, et faisons de cette limite une décision collective, avant que l’île ne la fixe elle-même, comme elle vient de le faire, par le feu.

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